On les appelait Hurons; ils se désignaient Wendats

Arakwa Siouï, de la nation wendateDe nos cours d'histoire à l'école, j'ai retenu que les Hurons étaient alliés de nos ancêtres français et que cette alliance a valu aux premiers colons la guerre avec les Iroquois. Le Père jésuite Jean de Brébeuf a également contribué à faire connaître la langue huronne-wendate, ainsi que leurs coutumes.

Arakwa Siouï
Photo: Francis Vachon Le Devoir.

On dit également que les Hurons étaient bons commerçants ce qui a dû plaire aux Français venus faire fortune dans le commerce des fourrures. La chroniqueuse Caroline Montpetit du Devoir écrit cette semaine sur la langue wendate et recueille le témoignage de Arakwa Siouï. J'apprends dans son article que les premiers arrivants venus de France ont appelé Hurons (qui ont la tête hérissée) les occupants des terres qu'ils abordaient à cause de leur coiffure de plumes. Ces autochtones se désignaient eux-mêmes Wendats (insulaires, en rapport avec leur lieu d'origine sur la presqu'île de la baie Georgienne).

Plusieurs d'entre nous se souviennent du Grand chef Max Gros-Louis, de la réserve wendate-huronne près de L'Ancienne Lorette (Wendake), qui a fait beaucoup pour la reconnaissance de son peuple. Les plus fûtés en histoire se rappelleront le chef huron-wendot, Kondiaronk, acteur important à la signature de la Grande Paix de Montréal en 1701, à laquelle participait aussi le Sieur de Callière.

L'article du Devoir, Le wendat: un voyage dans le passé, explique que les Wendats ne parlent plus la langue ancestrale, leurs parents et eux-mêmes ayant adopté le français comme langue maternelle. Même si le wendat est considéré comme langue morte, il est encore utilisé dans les évènements et cérémonies importantes qui ponctuent l'année, comme dans les temps des fraises. Quelques personnes de la nation wendate ont entrepris en 2010 une campagne de revitalisation de la langue dans la communauté de Wendake. Des cours sont donnés à l'école primaire et en 4e secondaire.

Dans 50 ou 100 ans, on peut se demander ce que sera devenu le français au Québec. N'était-ce des immigrants venus d'Afrique occidentale et du Maghreb, est-il impensable que le français devienne ici une langue morte comme la langue wendate, utilisée dans les chansons à répondre lors d'évènements annuels ou dans un Festival Mémoires et Racines? Ce que chacune et chacun de nous fait aujourd'hui a de l'importance pour l'avenir de la langue. La langue du commerce et de l'internet est bien souvent l'anglais, mais insistons pour utiliser les versions françaises des sites internet quand elles existent. Il est plus long d'écrire «adresse courriel» que «e-mail», mais la vitalité de la langue ne vaut-elle pas cet effort supplémentaire?

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