Nos Aîné.Es abandonnés

Proche aidant 1Il est insupportable de voir ce qui arrive dans certains hôpitaux de soins de longue durée. La crise actuelle révèle que des changements s’imposent dans notre attitude et nos pratiques vis-à-vis nos Aîné.Es.

Le dévoilement que plusieurs malades ont été abandonnés, isolés et sans soins, alors que la pandémie faisait des ravages, me laisse sans mots. Quand on n'est à peu près jamais allé dans un de ces hôpitaux, il est difficile d'imaginer ce qui s'y passe. C'est à peu près mon cas. Mes parents n'ont fait que de brefs séjours à l'hôpital. Ce fut pénible pour ma mère surtout et mes visites ne lui ont apporté qu'un peu de baume. Je me demande encore si j'ai été assez conscient de ses souffrances et de son mal-être et si j'en ai assez fait pour l'accompagner.

On est tout retourné d'entendre aux nouvelles ce qui se passe en certains CHSLD privés. On comprend mal comment c'est possible de laisser nos parents dans un tel abandon ou de supporter cela sans pouvoir rien faire. Je pense que nos intervenants de première ligne et nos préposés aux malades ne sont pas à blâmer. Il faut remonter plus haut. Les propriétaires ? Je ne pense pas qu'ils auraient intérêt à laisser dégrader leur œuvre et leur gagne-pain.  Jusqu'où faut-il monter? Les CIUSSS, la dernière création du gouvernement supposée améliorer notre système? Il est possible que des fonctionnaires n’étaient pas tous prêts pour ces responsabilités. Nos ministres? Je pense qu'ils ont dû voir passer des rapports d'enquête et, malgré leur bonne volonté de faire mieux, étaient trop loin du terrain. Entre l’urgence de la situation et les interminables paliers d’autorité, pourra-t-on identifier les raisons de l’abandon de nos Aîné.Es ?  J'hésite à jeter la pierre à qui que ce soit. Pour le moment je préfère que tout le monde se mette en mode solution.

Je me répète. J'ai déjà dit que cette pandémie nous changera. Il me faut maintenant passer de la parole convenue, dite sur le moment de l'émotion devant l'ampleur de la secousse, et prendre la vraie mesure et la portée de l'affirmation. Même si mes parents sont décédés, que ferai-je de plus ou autrement pour les malades en soins de longue durée quand le confinement sera allégé..., quand on connaîtra mieux la pandémie et on aura réussi à être protégé du Covid-19...?

Est-ce que...
Je parlerai avec un ami de son expérience avec un de ses parents présentement hospitalisé...
Avant même qu'il soit hospitalisé, je me ferai plus proche d'un ami ou un membre de ma famille gravement malade...
S’il est question de manque de ressources, avant que nos parents malades deviennent les victimes du système, je remettrai en question notre «besoin» d'aller dans le sud ou en croisière, et je me battrai pour que les préposés et divers soignants soient convenablement protégés et payés au privé comme au public...
J'emmènerai un de mes petits-enfants visiter un parent malade...

Que ferez-vous de plus ou autrement?

Crédit Photo: L'Appui.org

 

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Commentaires

  • guibourg
    Je prends conscience comment nous jugeons mal de la valeur d'un travail, je devrais dire service, quand je vois, après l'appel au secours du Premier ministre pour les CHSLD, les chicanes et les frustrations autour du salaire de chacun des intervenants.
    Quand on répond à un appel au secours, la premier souci ne devrait pas être combien on va être payé. Ce devrait même être une condition au départ; et ceux que ça préoccupe ne devraient être acceptés qu'en dernier recours.
    Bientôt ça va être le tour des travailleurs agricoles. Je dis: que toutes celles et ceux qui se sentent interpellés y aillent. Qu'ils y voient une occasion de servir les autres, qu'ils y apprennent de nouvelles manières de travailler, de collaborer, qu'ils y découvrent plein de choses nouvelles sur la terre, les plantes, le soin de la nature, le bien-être de respirer au grand air, le bien que ça fait à la fin de la journée de voir le sourire reconnaissant du propriétaire agricole et aussi... les mille et une difficultés du métier. Après cela, ils pourront apprécier la valeur économique de leur labeur. Après cela, ils auront une plus juste appréciation de ce qu'ils valent comme être humain. En période de crise comme on vit actuellement, a-t-on vraiment besoin de «défenseurs» ou «détracteurs» ?
    Ça me fait penser au Coche et à la Mouche de la fable de La Fontaine. Lisez jusqu'au bout et voyez quel personnage demande un salaire. Cet illustre Jean décrivait bien les misères et les grandeurs de la nature humaine.