Ouvrons les yeux

HemerocalleÀ quel point, sous l'effet de la pandémie, sommes-nous prêts à remettre en question notre manière de vivre ? Combien de morts nous faudra-t-il ? Combien de faillites ?

Ce que nous vivons présentement, la distanciation physique, la mise sur pause de nos activités et autres effets de la pandémie, peut être considéré à court terme comme un désagrément, voire une souffrance; mais ces mesures donnent aussi un aperçu des choix que nous devons faire pour mener une vie plus saine et respectueuse de l’environnement et de nos obligations envers les autres.
Avant d’acheter quelque chose, se demander : « En ai-je vraiment besoin ? » J’ai été habitué, quand j’estimais en avoir les moyens, à me procurer tel bien ou tel service qui me semblait désirable. Cette habitude comportait deux vices assez graves : en plus du fait que je pouvais m’illusionner sur mes moyens réels, obéir à une impulsion et me laisser séduire par la seule désirabilité de quelque chose est-il digne d’un humain doué de raison? La pandémie de la COVID-19 peut servir d’épreuve pour la validité de nos repères et de notre manière de prendre une décision.
À titre d’exemple, aux plans individuel et familial, pour se reposer, nombreux sont-ils qui optent pour une semaine ou deux dans le Sud par année. C’est « nécessaire » à la santé autant physique et que mentale. Mais que penser d’un moyen bien justifié à nos yeux, conforté par mes pairs au travail, que constituent les allers-retours en avion qui, additionnés les uns aux autres, contribuent à saturer l’environnement de gaz néfastes à la santé ? Au regard des maladies et des décès qui résultent de la pollution atmosphérique, est-ce sain ? Est-ce raisonnable ? Est-ce digne de l’humanité ?
Sur le plan social, on consent d’énormes salaires à une minorité de gestionnaires; admettons qu’ils conviennent à leur responsabilité et au service qu’ils rendent. Mais que dire des abris fiscaux leur permettant de soustraire une partie de leurs revenus au fisc privant ainsi la collectivité d’un budget convenable à notre santé collective ? Au regard de notre fragilité face à une pandémie, est-il raisonnable que la santé publique soit négligée dans un budget gouvernemental ? Est-ce juste ? Est-ce digne de nous ? Saurons-nous à la prochaine élection choisir nos députés en conséquence de leurs « promesses » ou de leurs réalisations?
Chacun de nous, dans sa situation concrète, aura l’occasion dans les prochains mois de découvrir et d’adopter définitivement les gestes simples qui contribueront au mieux-être de chacun et de tous.
Après ce moment d’interrogation, le grand air et le soleil m’appellent, car il y a beaucoup à faire dehors et à voir : biner les haricots et les tomates, surprendre un rare papillon à la recherche de nectar, écarquiller les yeux sur de splendides hémérocalles …
Michel Bourgault
Crédit photo: AERQ Lanaudière/M. Bourgault

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