C'est mieux à deux!

Ian lafreniere

Je félicite le nouveau Ministre Ian Lafrenière nommé délégué aux Affaires autochtones. Lorsque le Premier Ministre Legault dit que le dossier autochtone est difficile...

et complexe, j’imagine qu’il sait de quoi il parle, et Ian Lafrenière, à lire ses états de service1, semble un candidat apte à bien mener l’entreprise de rétablir la confiance entre les citoyens québécois et les membres des 11 nations autochtones. Dans le point de presse où on annonce sa nomination, des journalistes lui ont demandé au moins par trois fois quelles étaient ses priorités. Il semble difficile de se comprendre même quand on parle en français, la langue commune, car, à la question portant sur ses priorités, il a fallu qu’il réponde par 3 fois que sa priorité était de contacter ses interlocuteurs, les Chefs autochtones, et que les problèmes reconnus comme prioritaires seraient déterminés avec ses interlocuteurs.   
Ce n’est pas d’hier qu’on tente de résoudre les conflits avec les Autochtones dans les services publics. Je rappelle le mandat de la Commission Viens dont le rapport a été déposé en 2019 :

La commission Viens a été mise en branle pour faire la lumière sur les services publics rendus aux Autochtones au courant des quinze dernières années. Des audiences se sont tenues à Val-d'Or, à Québec et ailleurs dans la province. Cette enquête indépendante, qui avait été lancée, en 2016, par le gouvernement du Québec, visait à prévenir ou à éliminer toute forme de violence, de pratique discriminatoire ou de traitement différent dans la prestation de services publics offerts aux Autochtones. L'enquête visait les services sociaux, policiers, correctionnels, de justice, de santé ainsi que de protection de la jeunesse.2

Ian Lafrenière n’arrive pas dans un terrain vierge. Pour prendre la mesure du défi du nouveau ministre, il faut regarder le Portrait des 11 nations autochtones3 que je recommande à ceux qui veulent bien s’informer. Réparties sur un territoire immense, parlant pas moins de 14 langues, chacune ayant son histoire et ses coutumes, constituées d’êtres humains, par conséquent faillibles autant que nous, ces nations vivent les mêmes problèmes que la collectivité québécoise, dans les familles, au sein des communautés et avec les autres communautés. Chaque personne et chaque communauté doivent reconnaître leurs problèmes et leur part de responsabilité, ce qui est très difficile, et accepter d’y faire face ensemble. Quelle sera ou seront les langues de communication? Imaginez déjà ce point. Qui sera porte-parole pour chaque partenaire? Quelle place les femmes auront dans ces rencontres, quand on sait qu'elles sont souvent victimes? Sur les 142 appels à l’action du Rapport Viens, lesquels seront priorisés?

La tâche s’annonce ardue, mais quand on est de bonne volonté, tout est possible. Le document qui fait le Portrait des 11 nations autochtones3, peut nous encourager, car il fait état des nombreuses négociations et conventions menées à terme avec les Autochtones, dont la Paix des braves avec les Cris en 2002 et l’Entente de partenariat entre le gouvernement et les Naskapis en 2009. Il ne suffit pas davantage de déléguer de bons représentants. Soyons, citoyennes et citoyens, partie de l’entreprise et contribuons à son succès, à commencer par faire un petit effort pour être au courant des faits et réviser si nécessaire nos perceptions. C’est mieux à deux et… à plusieurs!

1.    https://www.ianlafreniere.com/a-propos

2.    https://www.autochtones.gouv.qc.ca/centre_de_presse/communiques/2020/2020-09-30.asp

3.    https://www.autochtones.gouv.qc.ca/publications_documentation/publications/document-11-nations-2e-edition.pdf

Michel Bourgault

Crédit photo : Le Devoir/Marie-Michèle Sioui

 

 

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