Joyeux Noël !

ItinerantAujourd'hui, le sens de la fête de Noël varie pour chacun. Dans un passé pas si lontain, le peuple québécois adhérait en majorité à la croyance de la venue d'un Sauveur, appelé Jésus le Christ. On pense que ce n'est pas un hasard si la date du 25 décembre...

pour fêter la naissance de Jésus (Ieshoua, en hébreu «Dieu sauve»), aux environs du solstice d'hiver coïncidait avec la fête romaine des Saturnales, soulignant le rôle du soleil dans la reprise de la végétation. Il est probable que la fête chrétienne de la Nativité (dies natalis) visait à offrir aux fidèles une alternative aux cultes antiques, dits païens, en y accolant un sens propre à la croyance en Ieshoua, l'Envoyé de Dieu, venu montrer la Voie vers une vie en plénitude. « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée. » Prologue de l'évangile selon Jean.

Notre époque ayant pris ses distances de la religion chrétienne instituée, la fête de Noël perdure mais a besoin d'une signification renouvelée. Il semble bien que les décorations végétales illuminées, les cadeaux, les gestes de partage, les visites aux personnes seules, les films et spectacles qui rejoignent notre âme d'enfant, pointent vers l'espoir d'une humanité moins égoïste, moins axée sur le seul profit, peut-être une version laïcisée du salut chrétien. En effet, une grande partie des manifestations du temps des fêtes font preuve de souci des petits et des pauvres, des personnes qui vivent dans l'obscurité de la solitude et de la maladie.

Pour moi, ce souci des autres est la marque d'un fidèle du prophète et guérisseur Jésus, quoiqu'il en soit de l'adhésion à une vie bienheureuse au-delà de la mort. Pour moi, révoquée la nécessité que tous doivent adhérer à un culte, participer aux rassemblements de prière, ou vivre en conformité avec des règles dictées par une autorité religieuse ou spirituelle. Trop souvent l'institution a donné lieu à une domination des consciences par des administrateurs de l'institution, ou à la trahison des paroles et gestes inspirés du des Dires de Ieshoua. Pendant 20 siècles, les chrétiens n'ont cessé de redéfinir leurs croyances et leurs manières de vivre leur foi, s'adaptant aux circonstances, aux lieux, aux cultures, aux peuples rencontrés. Pourquoi devrait-il en être autrement pour nous ?

Le Québec n'est pas en reste; les derniers 75 ans, nous sommes témoins d'une mutation du christianisme : abandon de l'Église dans plusieurs manifestations extérieures, telles le culte, les ordres religieux, la profession de foi aux dogmes définis dans le passé. Si une foi de masse est fortement battue en brèche, des individus continuent de vivre seuls les enseignements évangéliques ou de partager leur foi en petits groupes: assemblées dominicales, parcours catéchétiques vécus en famille, petites communautés plus ou moins importantes, plus ou moins durables. Et cela en toute conscience, en toute liberté, même à contre-courant.

Là où la fête chrétienne de Noël a subi le même sort que l'institution, de nouvelles expressions du souci de l'autre, particulièrement le pauvre, le faible, le sans-voix, le laissé pour compte, sont ressenties comme une question de dignité et pratiquées comme une exigence d'être humain. Pour combien de temps encore ? Je ne saurais dire, mais autant que la corruption, le souci de l'autre et la fraternité sont contagieux et peuvent aisément sauter une génération.

Paix et joie du pauvre !

 

 

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