Québécoise et québécois

Fetenationale drapeaupQu'est-ce qu'être québécoise et québécois aujourd'hui? Un sondage du CIRANO révèlerait que la moitié des Québécois craignent davantage l'immigration que la pollution (Le Devoir, 19 juin 2018); je suis perplexe et je m'interroge.

Crédit photo: AREQ/Jean-Noël Marion

Pourquoi l'auteur de l'article cible-t-il dans le titre une crainte affectant 48% des Québécois alors que ce pourcentage grimpe à plus de 70% sur des enjeux entourant la santé? Peut-être pense-t-il que son article fera plus sensation en ciblant l'immigration. Et il a raison. On craint les heures d'attente à l'urgence, on craint de vieillir, on craint les lenteurs et les bouchons de la circulation, des enjeux tous plus inquiétants que l'immigration ou la pollution. C'est que l'immigration est un sujet chaud. Quoi de plus normal pour un chroniqueur de chercher à être lu! C'est mon cas aussi.

Aux Québécois qui craignent ou déplorent l'immigration, j'aime bien rappeler que nos ancêtres ont commencé à explorer et habiter un territoire déjà occupé par des peuples autochtones: hurons, mohawks, algonquins, micmacs, abénaquis, cris et autres. Nos familles ont toutes été migrantes avant d'être québécoises. Je pense que le territoire québécois n'appartient pas à ses occupants actuels, mais il a été aménagé et bâti par des vagues plus ou moins importantes de migrants français, anglais, irlandais, italiens, ukrainiens, polonais, haïtiens, maghrébins, latinos, et j'en passe; on me comprend. Qu’en ferons-nous? C’est la question.

Je lis que le Québec reçoit autour de 50 000 immigrants par année; c'est moins de 1% de sa population. Ce qui nous inquiète, c'est de recevoir et côtoyer des non-francophones, des démunis, des gens aux coutumes, langues, religions, étranges. Plus encore c'est d'être supplantés sur notre territoire, dans notre gouvernement, dans nos manières de penser. À quoi donc attribuer ces peurs? Le temps n’est pas aux suppositions.

Le temps est à la fête, à la joie de pouvoir offrir un havre à une nouvelle vague de migrants qui cherchent un monde meilleur où s’établir et prospérer avec leurs enfants. Il est temps de dépasser nos premières peurs et de faire connaissance avec les nouveaux arrivants de quelque pays qu’ils viennent. Tant mieux s’ils parlent le français; sinon, soyons assez attirants et amoureux de notre langue, notre musique et nos coutumes pour qu’ils prennent goût à notre beau pays et qu’ils puissent dire du bien à leurs enfants des habitants du Québec.

Michel Bourgault, descendants des Bourgault de St-Malo en Bretagne.

Pour une lecture chrétienne de l'immigration, on peut lire un beau numéro de la revue Parabole. Télécharger le document PDF de 8,25Mo

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